Mélusine se promène...

24 octobre 2020

Ca fait une année entière que je rêve d'une ricoré au lait tiède dans mon mug fétiche en compagnie d'un petit phare qui tient sa place parmi les géants de mon coeur...

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Je quitte, juste à temps, le côté fin du monde de notre époque.

Plus que quelques heures, une nuit blanche avant de pouvoir enfin me laisser emparadiser "là où ma vie n'a besoin de rien d'autre que ce qu'elle a déjà"...

Oui.

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18 octobre 2020

De l'air et de l'art...

Les yuccas en fleurs embaument les dunes oléronaises. La douceur de leur parfum (protégé par le piquant de leurs pointes) contrastait fort avec celui trop camphré de l'armoise maritime (au feuillage soyeux).

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L'éclat resplendissant des couleurs de la mousse tortule, qui devient grise et terne en l'absence d'humidité. 

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L'onagre, appelée aussi primevère du soir ou belle des dunes...

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La plage, toile de maitre si agréablement déserte de toute présence humaine, sinon la mienne. Accompagnée de mon fidèle goldipote qui ne peut s'empêcher de troubler la sérénité des oiseaux marins! Alors bien sur, je m'égosille en l'engueulant pour qu'il arrête ses conneries et qu'il revienne vers moi, tout penaud en me pimant sa race de "rapporteur de gibier d'eau"... 

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Je ne désespère toujours pas de l'éduquer, d'ailleurs il a drôlement progressé avec ceux que j'appelle les lutins des sables, les bécasseaux sanderling.

Ces mignons limicoles pèsent à peine 50 grammes et parcourent presque 6000 kilomètres! C'est fou ce que je peux les envier ceux là...

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Mon Néo de l'Île Radieuse... Mako... Némak... Makoné... 

Je l'aime au moins aussi fort que mon regretté Bazil... Bazbaz... Bazouille... Bazouba... 

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De l'art, sous mes pas.

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Eternelle contemplative devant les oeuvres laissées par le retrait de l'océan autour des caillasses, chères à mon coeur...

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...et dont certaines suscitent en moi un irrésistible désir d'acquisition, un peu comme pour les toupies, les livres, les foulards dont il me faut trop souvent défendre le fait d'en avoir jamais trop. D'abord c'est quoi trop? Quand la maison déborde?

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De l'air, ici...

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La proue d'un bateau? Un début de cabane inachevée? 

J'ai aimé le pavillon vert, couleur de l'espoir sur fond bleu, couleur de liberté.

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Et pour finir, un bout de nuage tombé du ciel comme un début de poème... 

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Quelle privilège de pouvoir me soustraire du monde dans cette galerie d'art à ciel ouvert. A l'abri du chaos, recentrée sur l'essentiel, au moins quelques heures, souvent...

Encore 6 petits jours qui me semblent une éternité avant ma récompense ultra puissante plus que méritée purée! Et là, je m'y vois déjà: Tu débarqueras quai de l'Acadie par le premier ferry. Sitôt arrivée, tu abandonneras ta famille et ton chien pour filer à la librairie. Ensuite, tu reviendras sur le port le temps d'un café. Et puis tu remonteras les quais de l'Yser, Vauban, Leblanc, Trochut pour atteindre le bout du môle Bourdelle et attendre qu'un ferry reparte sans toi... 

J'arrive mon Île si chérie, O mon Caillou Bien Nommé! Je reviens perdre de vue le reste de ma vie sur ta rive embaumée des parfums de la mer. Que le chant de tes flots transcende mon âme et l'existence consolée sur tes riantes grèves, me semblera moins cruelle.

Quand le rire incassable de Sarah couvre les soupirs résignés d' Éva... 

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29 septembre 2020

Fin d'été, auprès du Grand Phare de la côte sauvage.

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Rencontre avec ce Penseur de sable, une œuvre éphémère offerte à l'océan par un humain anonyme.

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Evidement, je m'en suis fait toute une histoire symbolique, parce qu'il n'y a pas de hasard et aussi, et surtout, parce qu'il y a ce qu'on veut bien voir...et entendre. 

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Retour au sommet de la dune pour contempler l'arrivée d'une perturbation orageuse venue du golfe de Gascogne.

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La force du vent s'intensifiait en rafales dans mes cheveux, sur mon visage... 

"Et le vent nous enlace dans sa solitude. Il nous déshabille de la pluie et de nos doutes. Il nous invite à revenir à la vie. Au premier cri du visage..." Claude Faber "Dans le murmure des oiseaux" (Et soudain, le seul murmure des oiseaux)

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L'instant d'avant...

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Celui d'après... 

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Bien sur, j'aurais du protéger mon vieil appareil photo fatigué de la radée qui me tombait sur la caboche. L'idée ne m'a même pas effleuré l'esprit...

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...en dévalant la dune, recul nécessaire vers l'océan dans l'espoir de capturer une vue d'ensemble du spectacle que m'offrait Dame Nature. 

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J'ai finalement rangé mon appareil recouvert de sable, de pluie, d’embruns dans le compartiment de mon sac trempé après cette photo. Aucune image ne serait en mesure d'exprimer la beauté de ce moment qu'il fallait vivre en pleine conscience, en pleine présence... 

Seule sous le ciel tourmenté de cette plage, auprès du Penseur de sable, entre l'immensité océane et la prestance bienveillante du Géant... A la limite du syndrome de Stendhal... 

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Je me suis laissée dériver un peu sur le sable jusqu'à l'heure où se rassemblent les anges, avant de regagner la dune, attirée comme un papillon de nuit par les faisceaux aveuglants du Grand Phare qui, en si besoin, guide aussi les naufragé(e)s en pleine terre.

Et peut-être que la plage s'est faite cathédrale à ciel ouvert pour que les flèches lumineuses d'une providentielle bougie atteignent les étoiles...perdues. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que Cantat chantait. 

 

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29 juin 2020

Île était une fois, les vacances au cabanon, en Oléron...

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C'est le rendez-vous des bons copains, des enfants des bons copains, des animaux des bons copains... 

Un joyeux bordel, j'aime bien. 

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On y retrouve le même confort qu'à la maison, version Robinson.

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Et l'océan en quelques pas...

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La plage "tôt"le matin, vers 11h30.

Les premières brasses en direction de l'horizon... Plaisirs d'enfance sans cesse retrouvés... L'écho du ventre de maman, le bleu des yeux de papa... 

Nager dans l'océan, c'est un peu ne plus être sur terre!

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Une eau claire à la pollution invisible, des bancs d'éperlans en plastique... Non, je ne pensais pas à cela, dans mon moment contemplatif, mes regards d'enfants, miraculeusement intacts. 

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Autre regard, en suivant cette méduse, probablement une cyanée bleue à la beauté fatalement urticante, voire brûlante... 

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Princesse Boulette et Grabouillon, mes enfants Rois. 

L'enfance heureuse des culs salés...

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Contempler, la fin d'une belle journée, bercée par le rythme égal du flux et du reflux, mon chant d'éternité...

Me retirer loin en moi-même en compagnie de Fredrik Welin, entré récemment dans ma vie avec "Les souliers italiens", suivi de près par "Les bottes suédoises". Je me suis attachée à lui, je l'ai rattaché à moi, bien avant la fin du premier chapitre, pour ne pas dire dès les premières lignes. 

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Le cabanon sur Oléron, c'est aussi un toit pour ma solitude une fois vidé de ses joyeux habitants. Quelques jours de silence bien mérités après la violence des heures accumulées sur le front, sous les bombes, durant le confinement. J'ai toujours su me "réparer"...professionnellement (merci Howard Buten).

Sur le port de La Cotinière, il y avait cette femme en noir, amie des goélands, les chats du ciel ou rats ailés. Je ne suis jamais très à l'aise lorsqu'ils s'agitent en nombre autour de moi, sauf les jours où j'en ai rien à foutre de me faire défoncer le crâne à coups de bec... 

N'empêche que cette femme, elle résonnait fort quelque part au fond de moi. 

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 Du temps hors du temps pour déambuler avec Néo, mon chien vivant.

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Je ne me lasse jamais de le regarder mener sa vie de chien heureux sur nos rives...et partout où nous nous sentons libres.

Celui qu'on voit pas, tout près, c'est Bazil, mon chien mort.

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Il est fou comme j'aime, mon cabot adoré. Et puis il est un petit peu comme son humaine préférée, il écoute ce qu'il veut, quand il veut... Il lui arrive aussi, quelques fois, de succomber à la tentation d'une petite connerie, qui passe... 

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Du temps aussi, pour mes retrouvailles avec le Bagnard! 

Ciel menaçant.Vent d'ouest. Jour de semaine.

Personne. Parfait.

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Cap Ciron... 

Je marchais, légère, sur les remparts de calcaire.

Déconnexion totale.

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J'ignore depuis combien de temps je n'avais pas eu le privilège de me retrouver seule ici. 

Assise sur le dossier de ce banc, sous les cyprès...

C'était bon de m'y retrouver, encore plus de m'y reconnaître à tous les âges.

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Retour dans les dunes pour le plaisir d'aller sautraler parmi les doux "minous" (lagure ovale) et les têtes rondes de l'ail sauvage (ou des dunes)...

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Une dernière balade sur la plage dans l'espoir de me recevoir une bonne averse. Marcher sous la pluie, c'est bon pour ma vie.

Mais il n'a pas plu, alors déçue, j'ai laissé les vagues inonder mes converses jusqu'au dessus de mes genoux. Ça m'a rappelé les deux grandes marées loupées (volées!) du confinement, celles qui m'ont vu traînailler dans la partie basse des marais en bas de chez moi, habituellement inondée par le débordement du fleuve à chaque fort coefficient. Je n'ai pas besoin d'évoquer ici, pour m'en souvenir, toutes les fois où...j'ai pété les plombs durant le confinement.

N'empêche qu'avec le recul, je trouve plutôt poétique de verser des larmes salées, gaugeant dans l'eau douce en compagnie de Christian Olivier me contant "Matin brun" (Pavloff) ...avant d'aller m'échouer chez la Vieille...pour trinquer avec elle la bouteille qu'elle aurait bu seule...et entendre nos voix un peu saoules chanter "La complainte du phoque en Alaska" (Beau Dommage)...parce que c'est sa chanson...et qu'elle nous fait passer des larmes aux rires...mais je m'égare. Bon.  

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Et il a fallu reprendre, bien après tout le monde, le pont en sens inverse.

C'était il y a un mois déjà et il y a eu quelques allers-retours pluvieux depuis. J'y serai demain pour un week-end en semaine avec l'Ami qui a besoin d'une grande "inspi"...ou d'une retraite de méditation Vipassana consacrée à la respiration et l'introspection (sans moi, plus jamais ça). 

Mes rives et mes îles ici me consolent de ne pouvoir rejoindre, sans aucune certitude, mon beau Caillou là-bas avant la Toussaint. L'océan offre toujours ce qu'on vient chercher auprès de lui. J'ai largement de quoi me RÉconfortée, m'OLÉRONiser, m'AIXpatrier... 

Et puis, c'est l'été, j'ai mon coté "cigale" qui se réveille... J'ai fait le deuil des concerts (sauf celui des Têtes Raides), des festivals (sauf celui des Têtes Raides) annulés, mais loin de moi l'intention de me priver de ce qui fait que l'été demeure ma saison préférée...en respectant au mieux l'ensemble des comportements-barrière.

Virus ou pas, la vie continue... 

Posté par lylouan à 23:44 - Commentaires [1] - Permalien [#]
15 mai 2020

Déconfinement: J+1

Une journée au delà de la date que je m'étais fixée. C'est bien...

Devant ma réaction (mal contrôlée) à l'annonce du maintien de la fermeture des plages après le 11 mai, l'homme qui m'aime m'avait dit exactement ceci: "Tu iras, c'est nécessaire pour ta santé mentale". En retour, j'avais refusé de lui promettre de m'exposer au risque d'une éventuelle amende...sans faire de scandale.  

Alors, mardi 12 mai, après 58  longs jours d'absence... 

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Bien sur, j'aurais préféré filer au bout de Ré, d'Oléron ou au sommet de la dune du Géant, mais il était plus prudent d'éviter les grandes plages de sable fin habituellement fréquentées et grillagées.

Et qu'importe, puisque sur la grève aux carrelets face à l'île d'Aix, l'océan enfin si près... 

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Il m'attendait... Il m'accueillait... Il chantait ma venue, doucement, l'onde aussi légère et régulière que ma respiration. 

Je savourais le retour d'une multitude de sensations non oubliées, comme le goût du sel sur mes lèvres... 

"Calme-toi,c'est fini"...

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Mon regard s'émerveillait partout où il se posait... 

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Apres une journée pluvieuse, me fondre dans la beauté d'un coucher de soleil était inespéré... 

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Aucun contrôle de police n'est venu troubler mes instants de paix retrouvée et c'est sereine, que j'ai laissé la nuit tomber sur moi. J'ai regardé la baie s'illuminer, attendu que s'allume au loin la lumière du Bagnard, puis celle des Jumelles, plus près... 

Là, invisible, confortablement installée sur mon rocher... Longtemps... Oui.

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Nous voilà déconfinés sous nos masques censés nous protéger du vilain virus, qui n'est pas prêt de nous lâcher.

Et maintenant? Retour à l'immonde? A l'anormal? 

Pandémies, catastrophes climatiques, extermination de la faune et de la flore? 

Durant plus de huit semaines sans pollution humaine, notre mère Nature en a profité pour reprendre ses droits... Partout, la faune et la flore sauvage s'est épanouie en l'absence de son principal ennemi. La nature va-t-elle perdre ce qu'elle a gagné? Le simple fait de me poser la question n'est il déjà pas une triste réponse? 

Nos plages devraient "normalement" nous être rendues d'ici demain, sous des conditions qui me sont pour l'instant, inacceptables... J'entends de loin, si loin, parler de plages dynamiques (présence statique, assise ou allongée interdites), de protocole de circulation, d'horaires d'ouverture/fermeture...(mais aucune information pour préserver les couvées des gravelots à collier interrompu qui nichent à même le sable pour ne citer qu'eux...). Il est totalement hors de question qu'on m'impose une conduite sur mes espaces de liberté. Pour le scandale, j'ai rien promis...

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20 mars 2020

C'était la semaine dernière, le jour de la plus grosse marée de l'année.

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Personne sur la dune, sinon le Grand Phare...

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Ni sur la plage...méconnaissable.

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Juste Néo mon chien et moi, son humaine.

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Il ne suffit que de quelques pas pour remplir un sac poubelle de déchets en tout genre... Bien sur, c'est accablant, surtout les jours où tout m'accable... 

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Mais l'océan offre à l'oeil de celui qui veut bien voir de magnifiques oeuvres d'art, comme celle-ci qui m'a fait regretter mon appareil photo...

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Ou celle-là, que je regrette d'avoir laissée, par crainte de m'encombrer, moi qui était venue si légère, les mains dans les poches...

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Là, le manche d'une enooooorme toupie!!! 

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Ici, le fond d'un terrible poison...  

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J'ai découvert très récemment J.P Dubois avec le livre "Tous les matins je me lève", celui dans lequel Paul pense que sur toutes les plages du monde, il y a un type qui jette un bout de bois dans l'eau et un clébard à gueule de rat mouillé qui rapporte... (Après j'ai enchaîné sur "Parfois je ris tout seul" et bientôt je les aurais tous lus). 

J'étais seule sur cette plage, à lancer des bâtons à mon chien, qui ne me les ramène jamais. Non il préfère les bouffer et se coincer des échardes dans la gorge pour "burner" comme un tubard...

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Les ruines de l'ancien sémaphore construit dans les années 1850 et quelques. Celui de 1990 manque au paysage de la forêt depuis février. C'est fini, plus jamais les fous n'oseront son sommet désaffecté, devenu trop risqué et fliqué. J'en garde pour ma part, de magnifiques souvenirs d'une époque où l'inconscience n'a aucun regret.

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Le vent façonne sans cesse le relief de la dune, qui recule sans cesse aussi.

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Par endroit, on peut suivre la course de ses rafales.

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Faut toucher avec les yeux...

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La beauté du monde est si fragile...

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Non, moi je ne m'en lasse pas.

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Bien au contraire. 

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Marcher droit devant, sur le contrefort de la dune, qui souffre, comme chaque hiver, même si l'hiver ici nous a oublié cette année. 

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Mon chien aussi, il aime s'approcher des déferlantes qui tapent le creux de la dune pour voir jaillir les âmes écumantes de près. Il ne doute pas de me voir plonger pour le sauver si l'une d'entres elles tentent de l'emporter. C'est déjà arrivé... 

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Alors avec un coefficient de 117, il vaut mieux s'imposer d'admirer le spectacle au sommet la dune à l'heure de la marée haute, à moins d'avoir envie de se baquer... 

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La vie est belle, quand même, entre la présence bienveillante du Géant...

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...et le chant rassurant de l'océan.

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Je suis aujourd'hui, comme beaucoup, privée de mes virées océanes et ce n'est pas sans quelques larmes que je me suis vue contrainte d'annuler ma virée Belliloise. Me voilà...confinée, en "télétravail" mais réquisitionnable, comme la plupart de mes collègues du secteur médico-social. 

J'accuse le coup, jour après jour, sans céder à la psychose, centrée sur l'image que je veux donner de moi à mes enfants, qui resteront, comme nous tous, marqués à vie par cette période de...guerre (sanitaire) qu'il a dit M'sieur Micron. 

J'ai quand même un petit peu mal à ma liberté...enfermée sous le soleil de ma jolie campagne qui explose de printemps.

Mais... Combien de temps? Et après? 

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02 mars 2020

L'Innénarable est mort...

Depuis le  jeudi 20 février, aux alentours de 22 heures sur son lit d'hopital, entourée de sa famille, qu'il ne reconnaissait plus. 

Ça faisait des semaines que je lui avais fait mes adieux... Je m'étais préparée, blindée, à l'annonce de sa mort, vécue comme un véritable soulagement...dans un premier temps, seulement.  

Le mardi suivant, j'étais auprès de mon amie la vieille chenille pour l'accompagner vers ce qu'il appelait sa dernière auberge, en marbre gris... L'Innénarable, c'était un petit peu le début de nous deux.

Il y avait du vent dans notre église, profanée et pillée quelques jours plus tôt... Je ne pouvais pas être plus au fond, le dos contre le mur, dans un recoin au plus près de la sortie, juste derrière mon amie la vielle chenille... J'ai gardé les yeux secs jusqu'à ce que le diacre retrace la vie de l'Innénarable, avec lequel il avait grandi. Cette vie qu'il nous racontait, tard le soir, devant la cheminée ou au comptoir, à l"époque où il tenait le bar du village. Et puis dans la cuisine de sa petite maison...aussi. 

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On a attendu que la nuit tombe pour revenir au cimetière. 

Lui, qui voulait pas crever sans nous voir réconciliées, nous avait fait promettre de trinquer sur sa tombe.

Malgré la pluie et les rafales de vent, même si les premières gorgées passaient douloureusement à travers nos larmes, nous avons trinqué à ce qui n'est plus, à ce qui restera...aussi.

L'Innénarable, qui me surnommait affectueusement "la sauvage", aurait fêter ses 67 ans aujourd'hui... Peut-être qu'on schtroumpfera une petite fête pour son premier anniverciel... Oui.

Les jours passent, je traîne parfois tristement du petit pas, mais ça va. Je vais, bien. 

C'est les vacances, pluvieuses et venteuses, pour mon plus grand plaisir. 

Parce que c'est fou quand même, tout ce que le vent emporte avec lui...

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19 février 2020

C'était durant la grande marée des marais, au village inondé.

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Le débordement du fleuve change le décor de ma campagne et des ses environs. L'eau recouvre les rives, les chemins, les prés telle une marée douce... 

Ici, on ne voit plus ce qu'ils appellent tous "la plage" mais qui ne sera jamais rien d'autre qu'une zone de baignade aménagée pour moi.

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Il m'en faut si peu pour franchir la barrière qui sépare ma vie quotidienne vers ma bulle de solitude consciente et délibérée. J'ai la chance de vivre au contact de la nature et de m'y réfugier quand je ne veux plus voir personne. En quelques pas seulement, les bois et leurs carrières abandonnées, les marais aux oiseaux qui bordent le fleuve, les regards figés dans la pierre...

Cap sur les chemins engloutis. Par delà mes petits pas.

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Et vogue ma douce galère à travers la peupleraie, glissant par dessus les clôtures de barbelés...

"Tais-toi et rame. Rame, rame. Rameurs, ramez.... " qu'ils chantaient, les peupliers parasités, infestés... 

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Pagayer droit jusqu'à la voie romaine, sans réussir à la traverser à cause de la force du courant. On dirait pas comme ça, mais impossible de sortir du tunnel... 

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Revenir dans le droit chemin blanc, dans le sens du courant cette fois. Il n'y avait plus qu'à me laisser porter et couper à travers un champs...

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...pour regagner le lit du fleuve. Cap vers l'océan! 

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Au moins jusqu'au moment d'accoster dans ce port sans phare, sinon les lampadaires, avant minuit. 

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Retour à la vie, celle que je veux bien me donner et dont je n'ai pas à me plaindre.

Et ça va... Ça se passe... La vie qui passe... 

Posté par lylouan à 20:49 - Commentaires [2] - Permalien [#]
09 janvier 2020

J'ai pas trop souhaité la bonne année, cette année...sinon à minuit, à grand renfort de champagne, déguisée en Punky Brewster...

Le premier matin de janvier, la jument de ma pote s'est éteinte. Rémina, sa "Mimine", sa "Dadoue", une centenaire de 38 ans... Immense, son chagrin, au moins autant que celui laissé par Bazil, mon chien mort, un jour de janvier, lui aussi.

Le lendemain, la grippe m'est tombée dessus. Une vraie salope de grippe qui m'a clouée au lit et dont je commence juste à me remettre. Le bon coté, c'est que j'ai gagné une semaine de vacances supplémentaire, je ne reprends que lundi prochain...

Oui alors j'avais pas très envie de souhaiter la belle année, cette année. Mais comme je suis polie, j'ai répondu "Merci toi aussi" à tous ceux qui ont encore le courage de rédiger des jolies phrases pleines d'espoir.

Je me demande s'il ne vaut pas mieux tout simplement se souhaiter de vivre le plus sereinement possible dans ce monde où tout va mal. 

En 2020, je vais juste continuer de faire ce qui me fait du bien. Comme contempler l'océan, avec Néo, mon chien vivant. Comme ici, à Kerel en octobre dernier, le matin de notre arrivée, le seul jour où il n'a pas plu...sans interruption. 

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Bien sur, je vais, encore et toujours, m'emerveiller, me ressourcer, devant la beauté des couchers de soleil, comme cet avant dernier jour de l'année 2019, sur les rives d'Oléron...

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Continuer aussi, l'art de me déconnecter du quotidien, de m'éloigner des humains, ma solitude en réflexe de survie...

Un minimum de vingt mille petits pas par jour, sinon ça va pas...

Apprendre encore et toujours, la Nature... Vibrer sur la poésie chantée... M'évader au gré des pages tournées... 

Me sentir libre, d'être, moi, que ça plaise...ou rien à foutre.  

Posté par lylouan à 10:35 - Commentaires [2] - Permalien [#]
24 décembre 2019

Il y a des cadeaux qui touchent plus que d'autres...

Comme cette merveilleuse toupie composée d'érable, de cyprès et de buis, offerte par surprise par celui qui n’avait pas pioché mon prénom, entre deux réunions vendredi.

Quand l'esprit de Noël répand sa magie...

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Noël joyeux... 

Posté par lylouan à 17:54 - Commentaires [6] - Permalien [#]